ISSN : 2708-7743 (print), eISSN : 2708-5422

Pollution du ruisseau « Mayi rouge » par les lixiviats issus de la décharge du Centre d’Enfouissement Technique des déchets de Mpasa dans la commune de la N’sele à Kinshasa

RESUME

Description du sujet. Les centres d'enfouissement technique (CET) des déchets sont conçus en tenant compte des conditions de leur implantation, des mesures de suivi - évaluation et du contrôle des impacts environnementaux. Mais, dans la ville de Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC), ces décharges publiques ne garantissent guère un environnement biophysique sain. C’est dans ce cadre que cette étude a été menée en avril 2020 au quartier Mpasa 2 dans la ville de Kinshasa.
Objectif. L’objectif de cette étude est d’effectuer des analyses physico-chimiques des eaux du ruisseau « Mayi rouge » souillées par les lixiviats du CET des déchets de Mpasa en vue de mesurer la teneur en métaux lourds (plomb, cadmium, cuivre, chrome, manganèse, fer, nitrite, etc.) et d’en déterminer le degré de pollution.
Méthodes. Les échantillons d’eau ont été prélevés dans le ruisseau « Mayi rouge » au quartier Mpasa 2 et les analyses physico-chimiques ont été effectuées au laboratoire de pédologie de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université de Kinshasa.
Résultats. Les analyses physico-chimiques ont permis de détecter sept différents éléments toxiques présents dans l’eau du ruisseau « Mayi rouge », notamment : (i) le Manganèse (Mn), (ii) le Fe (fer), (iii) le Cu (cuivre), (iv) le Cadmium (Cd), (v) le Pb (plomb), (vi) le Chrome (Cr) et (vii) le nitrate (NO3). Le pH de cette eau était acide avec une valeur moyenne égale à 5,7.
Conclusion. L’évolution démographique, l’urbanisation forcée, l’accroissement de la quantité de déchets urbains, etc. exigent d’assurer de manière durable, une gestion durable des déchets du CET. Les études ultérieures sont nécessaires sur la teneur en Nickel, Aluminium, Chlorure, Arsenic, Charnure, Fluore, Sélénium, etc. Le biotest des écosystèmes aquatiques (poissons, amphibiens, etc.) et l’analyse des métaux toxiques dans les tissus des végétaux (plantes, champignons, etc.) et animaux consommant l’eau du ruisseau Mayi rouge sont souhaitables à moyen et long termes.

Mots-clés : Décharge, eaux de surface, lixiviats, polluants, Kinshasa

Gaspard Potanda Mabaya, Apollinaire Biloso Moyene, Moïse Briki Mayo