Modélisation de l’effet inhibiteur des composés phénoliques sur l’induction de la synthèse de l’alpha-amylase par l’acide gibbérellique lors du maltage du sorgho rouge (Sorghum bicolor (L.) Moench.)

RESUME

L’effet de l’acide gibbérellique sur l’induction de la synthèse de l’α-amylase des céréales telles que le maïs ou l’orge de brasserie n’est plus à démonter contrairement au sorgho. L’inefficacité de l’acide gibbérellique à induire cette synthèse freine l’intégration du sorgho en industrie brassicole moderne du fait des problèmes posés par le dédoublement de l’amidon dans les conditions de brassage. Cette faible réponse de l’acide gibbérellique a été pensée comme due à la présence d’énormes quantités de polyphénols présents dans les grains de sorgho (surtout le sorgho rouge). Dans cette étude, nous avons évalué l'effet de l'ajout des extraits phénoliques du sorgho rouge (extrait acétone/eau ; 70/30 (V/V) sur la réponse des grains à l’addition de l’acide gibbérellique dans la solution de trempage – réponse évaluée en termes d’activité α-amylase des malts touraillés. L’effet de la teneur en polyphénols totaux sur l’induction de la synthèse de l’α-amylase a été modélisé. Les résultats de cette étude montrent que la teneur en acide gibbérellique n’a pas d’effet significatif sur la synthèse de l’α-amylase lors du maltage du sorgho rouge ni d’ailleurs son interaction avec la teneur en polyphénols. Par contre la teneur en acide gibbérellique, la teneur en polyphénols ainsi que leur interaction affectent significativement la synthèse de l’α-amylase lors du maltage du maïs. Le modèle obtenu montre que l’addition d’extraits acétone/eau 70/30 (V/V) réduit significativement la synthèse de l’α-amylase lors du maltage du sorgho. Ces résultats confirment ainsi les inquiétudes sur le faible taux d’enzymes lors du maltage du sorgho qui est possiblement dû, en grande partie, à la présence des composés phénoliques qui réduisent significativement la réponse des grains à l’induction de la synthèse de l’α-amylases par l’acide gibbérellique quasi nulle.

Mots clés : Sorgho rouge, maltage, α-amylase, composés phénoliques, acide gibbérellique

Arthur Amisi Kapepa, Patrick Baguma Kalimba, Stanis Kibi Kitambala, Abonvic Muselefu Ukiana, Michel Mubiala Katala, Eric Kimbemuken Thasur, Jean-Claude Bwanganga Tawaba