Ruée vers les ressources halieutiques dans le Parc Marin des Mangroves à Muanda en République Démocratique du Congo

RESUME

Le présent article traite de la problématique de l’exploitation non durable des ressources halieutiques dans le territoire de Muanda. L’objectif de l’étude était d’analyser l’impact des migrations internes sur l’utilisation des ressources halieutiques dans la zone du Parc Marin des Mangroves et ses environs, et de ressortir les dynamiques de changements liés à l’accès et l’utilisation de ces ressources. Ainsi, une enquête qualitative a été menée auprès des différents groupes d’acteurs (étatiques, pêcheurs, société civile, etc.) du territoire de Muanda. Les données obtenues ont été analysées par triangulation en recourant à l’approche Dypen. La pêche constitue une activité socioéconomique importante dans la zone pour de nombreux ménages. L’exploitation non durable des ressources halieutiques est la résultante de plusieurs facteurs dont la pauvreté, le chômage, la spoliation des terres, l’absence du zonage maritime délimitant les aires en fonction de deux types de pêche (artisanale et industrielle), l’augmentation du nombre de pêcheurs, etc. Tous ces facteurs, couplés au déficit de structures d’encadrement d’acteurs, conduisent aux conflits d’accès et d’utilisation des ressources halieutiques. La déterritorialisation et la reconfiguration de l’espace sont aussi la résultante d’un certain nombre de logiques et pratiques d’acteurs aux intérêts divergents. Une bonne coordination d’acteurs contribuerait à l’amélioration de la gouvernance des ressources halieutiques dans le Parc Marin des Mangroves et ses environs.

Mots clés : Migrations internes, exploitation non durable, ressources halieutiques, conflits, Muanda.

Brunhel Vambi N’tambu *, Olga Subi Malekani, Jean-paul Tasi Mbuangi