ISSN : 2708-7743 (print), eISSN : 2708-5422

Utilisation des pesticides de synthèse dans la production maraîchère à Kinshasa

RESUME

Description du sujet. Dans la production de légumes à Kinshasa, les maraîchers recourent à l’usage des intrants chimiques (pesticides et engrais) en vue de protéger les cultures contre les bioagresseurs et améliorer la fertilité des sols. C’est dans ce contexte qu’une étude a été réalisée du 19 mars au 16 avril 2020 dans trois sites maraîchers de la ville de Kinshasa.
Objectifs. L’objectif global de l’étude est de contribuer à la lutte contre l’utilisation abusive des intrants chimiques. Spécifiquement, l’étude vise à : (i) examiner les facteurs déterminants le choix des cultures maraîchères et les modes d’acquisition des terres par les maraîchers, et (ii) analyser l’utilisation des intrants chimiques et biopesticides dans la production de légumes dans les sites maraîchers de Kinshasa.
Méthodes. Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire d’enquête sur un échantillon de 126 maraîchers choisis de façon aléatoire et à raison de 42 enquêtés par site. Une grille d’entretien (focus groupe) a permis de compléter les informations contenues dans le questionnaire. Les données collectées ont porté sur les caractéristiques sociodémographiques des répondants et leurs avis sur l’utilisation des intrants chimiques, les cas d’intoxication causés par les intrants chimiques et l’emploi des biopesticides.
Résultats. Les résultats ont montré que peu de maraîchers se réfèrent à la notice du fabriquant en ce qui concerne le mode d’emploi des intrants chimiques. Les principaux problèmes sanitaires liés à l’utilisation des produits phytosanitaires cités par les maraîchers sont les troubles digestifs (26,5 %), l’irritation des yeux (26,5 %), les vomissements (14,7 %), la toux (11,8 %), les troubles respiratoires (8,8 %), l’irritation de la peau (8,8 %), les vertiges (8,8 %), etc. S’agissant de la gestion des déchets, la plupart des maraîchers procèdent au rejet au champ (36,6 %), à l’incinération (30,4 %), au rejet dans les cours d’eau (15,2 %), à l’enfouissement (11,0 %), à la réutilisation (3,7 %) et au rejet à la poubelle (3,1 %).
Conclusion. L’application des pesticides de synthèse dans les sites maraîchers enquêtés ne respecte aucune norme technique et scientifique. La sensibilisation des acteurs et le développement des unités de production de biopesticides sont nécessaires pour la durabilité de l’activité. Des études sur des échantillons des légumes, sols, eau, etc. sont indispensables pour une orientation durable du maraîchage à Kinshasa.

Mots-clés : Maraîchage, pesticides, délai de rémanence, intoxication, Kinshasa

Jean de Dieu Minengu, Aiko Ikonso Mwengi, Michel Mbumba Bandi, Romain Kawanga, Oscar Mangunda, Simon Mwengi, Yves Nkangu, Pamba Basoma, Ruphin Lomba